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Trek Maroc Août 2010

, 15:18pm

Départ le 1er août, direction le Maroc, pour un trek de 2 semaines dans le massif du Toubkal et l'ascension de ce point culminant du Haut Atlas ainsi que de l'Afrique du Nord avec 4 167 m. Ce sommet est situé à 63 km au sud de Marrakech à l'intérieur du parc national qui porte son nom.

Le trekking s'effectuera en portage léger (5-6kg pour les affaires à la journée), les mulets de bât transporteront les sacs de voyage.

Un avant-goût du programme prévu, espérant ne pas devoir faire appel à l'assistance rappatriement ;-) En effet, quelques doutes quant à cette aventure: la gestion de la chaleur, de l'hygiène et de l'effort. 15 jours, ce n'est pas rien!

1er août:trajet Strasbourg-Paris dans la matinée; 13.30, RDV aéroport Paris Orly Sud; 15.30, vol Transavia à destination de Marrakech; 17.45 heure française, 15.45 heure locale, arrivée à Marrakech. Nuit à l'hôtel.

2 août:transfert à Ouirgane à 60km au Sud de Marrakech, puis direction Torort à 1200m d'alt., installation du bivouac, 2-3h de marche vers le belvédère Tassa Ouirgane, dén +300m/-300m. Nuit en tentes.

3 août: mise en jambes, randonnée dans la vallée, lac Ouirgane, dén +500m/-500m. Nuit en tentes.

4 août:début du trek dans le massif du Toubkal (11 étapes), 5h de marche, dén +450m, Tikhfist (1220m), forêt Zouggaghem, Assif Zouggaghem (1700m). Nuit en tentes.

5 août:5h30 de marche, dén +800m/-450m, col 2200m, vallée Assif Imigdal, Tizgui. Nuit en tentes.

6 août:5h30 de marche, dén +600m/-600m, col Tizi Iguidi (2100m), crête 2400m, vallée Assif Ouanoukrim, vue sur vallée N'Fiss, Aguerda (1800m). Nuit en tentes.

7 août:5 à 7h de marche, dén +1200m/-600m, Alt Moussa (1800m), gorges d'Ouanoukrim, versant Sud de l'Atlas par passage à 3000m entre Ouanoukrim et Zaout. Nuit en tentes.

8 et 9 août:5-6h de marche, dén +900m/-400m, versant Sud de l'Atlas, Amzouzarte (1700m), lac d'Ifni (2300m). Nuit en tentes.

10 août:6-7h de marche, dén +1350m/-400m, col Tizi Ouanoums (3600m), refuge Neltner (3200m).

11 août:6h de marche, dén +1050m/-1050m, ascension du Toubkal à 4167m puis retour au refuge Neltner.

12 août:5h de marche, dén +700m/-1200m, col Taddate 3750m et col 4000m, Azib Tamsoult 2400m.

13 août:5h de marche, dén +200m/-1000m, Tizzi Oussem, vallée, Torort (1400m).

14 août:transfert à Marrakech, visite libre de la ville, nuit à l'hôtel.

15 août:17.35, vol à destination de Paris; 22.40 arrivée à Paris Orly Sud.

16 août:retour sur Strasbourg.

 

 

Le départ approche, nous sommes à J-4!!!

Aujourd'hui, je me suis attelée à la préparation des bagages.

Ce n'est pas une mince affaire à la vue des limites imposées côté poids:

- sac de voyage en soute maximum 15kg... finalement, après vérif' sur le site de la cie, c'est 20kg!!! mais pour les mules, mieux vaut se limiter à 15kg ;-)

- sac à dos en cabine maximum 5kg... avec exclusion des produits interdits à prendre en compte, donc exit la trousse de toilette...

Avant l'empaquetage et surtout la pesée... suspense...


Voici l'équipement:

- sac de voyage 100L porté par les mules,

- sac à dos 28L pour les affaires de la journée,

- sac de couchage,

- vêtements: 3 pantalons modulables en short / bermuda, 1 short, 1 pantalon basses températures, 107 T-shirts techniques manches courtes, 1 T-shirt technique manches longues, 1 chemise en coton, 1 sous-pull technique, 1 veste, 1 coupe-vent sans manche, 1 poncho, 1 anorak avec polaire intégrée, manchettes, bonnet et gants, casquette, buff, sous-vêtements, chaussettes, 21 maillot de bain, "pyjama",

- chaussures de rando et chaussures de running,

- 2 bâtons de marche télescopiques,

- lunettes de soleil, de vue, d'eau,

- passeport, photocopie carnet de vaccinations, bloc notes, stylo,

- 1 drap de bain et 1 serviette microfibre,

- 1 bidon 1L + 1 poche à eau 2L,

- APN + 3 batteries, téléphone portable + chargeur,

- 1 lampe frontale + piles de rechange, 1 sifflet, 1 couverture de survie, 2 briquets,

- mouchoirs et rouleaux de PQ,

- 1 pharmacie: doliprane, spasfon-lyoc (douleurs spasmodiques), tiorfan (anti-diarhéique), médocs allergie aux moustiques, compeed pour les ampoules, élasto, compresses stériles, désinfectant, thermomètre, collyre unidose, onguent du dragon, poudre podologique, ciseaux,

- 1 trousse produits d'hygiène: 12 gants de toilette sans eau, lingettes nettoyantes + rafraîchissantes + intimes, gel hydroalcoolique, 100 comprimés Micropur Fort, savon concentré biodégradable CarePlus,

- 1 trousse produits hygiène et soins suite: anti-moustiques, crème solaire, huile de massage arnica, spray chaussures,

- 1 trousse de toilette: brosse à dents, dentifrice, mini miroir, pince à épiler, coupe-ongles, lentilles de rechange, coton-tiges, mini gel douche, mini shampooing, déodorant, lipstick, après-soleil, crème hydratante, produit lentilles, brosse à cheveux, ...

- pâtes de fruits et barres de céréales.

Le tout empaqueté...il va falloir se résigner à voyager avec les chaussures de rando aux pieds et l'anorak avec polaire intégrée sur le dos ou à la main, la classe en plein été ;-) !!!

 

Après pesée,le poids du sac de voyage s'élèverait à 15 kg, celui du sac de rando rentre aussi dans les limites imposées.

 

 

Ca y est, de retour de cette expérience inoubliable

de près de 62 heures de marche

riches en moments authentiques!

 

Trek Toubkal

 

Dimanche 1er août 2010

L'aventure marocaine à proprement dit n'avait pas encore débuté que les péripéties se multiplièrent lors de cette longue journée de voyage.

Après un réveil matinal, notre groupe de 4 Strasbourgeois part à 6h en voiture direction Paris sous la conduite d'Hélène (merci!). Trajet sans encombre, vers 11h nous déposons son véhicule à Ballainvilliers chez Top Parking Orly (www.topparkingorly.fr) où il dormira pendant la quinzaine (103 euros, navette parking-aéroport comprise). Le service de navette nous achemine à l'aéroport dans la demi-heure.

Parfait. Ne reste plus qu'à patienter jusqu'à l'heure de RDV de l'organisateur à 13h30 pour un décollage prévu à 15h20.

En attendant, nous nous restaurons, vérifions les écrans des départs, pointons auprès de l'organisateur, nous nous dirigeons vers le guichet d'enregistrement, et là, surprise, le vol est annoncé avec 3h de retard. Les enregistrements ont tout de même lieu... pas pour longtemps... la sécurité du terminal évacue la moitié du bâtiment, dont notre guichet, en raison d'un bagage suspect laissé à l'abandon. Allez, zouh, dehors, nous prenons l'air... et passons le temps.

Après une bonne demi-heure (voire plus), les enregistrements reprennent... mon sac pèse pile poil 15.0kg! Si ce n'est pas la classe ça ;-) !

Nous passons la sécurité, retirons le "pique-nique" offert par la compagnie aérienne, zyeutons les potentiels co-trekkeurs pour tuer le temps et faisons connaissance avec certains et certaines qui ne seront pas des nôtres. J'appréhende de plus en plus de n'être que la seule fille avec Hélène avec tout un groupe de garçons; je précise, il s'agit de mon tout premier trek et ne pratique pas la rando le reste de l'année...

Les écrans de l'aéroport nous amènent à changer 3 fois de porte d'embarquement... ah, qu'il est marrant ce jeu! L'attente est longue, nous qui pensions atterrir à Marrakech dans l'aprèm'!

Quelques minutes avant l'heure de vol annoncée, nous embarquons, enfin, jusque dans la passerelle où nous attendons une petite demi-heure dans une atmosphère irrespirable. Nous entrons en cabine, nous installons, et là, le commandant de bord annonce qu'il y aura 1h d'attente supplémentaire... désarroi. Cette heure se réduira à 45', et nous décollons à 19h15 pour un vol initialement prévu à 15h20! A bord, j'achète à dîner... il est loin le resto typiquement marocain que j'avais imaginé.

A 22h15 heure française, nous atterrissons, 21h15 heure locale. Nous passons la frontière marocaine armés de nos passeports... patience, patience, récupérons nos bagages, rejoignons notre guide, transformons des euros en dirhams (1 euro = 10-11 dirhams) et embarquons dans notre navette qui nous dépose rapidement (1/4 d'h) à l'hôtel Ryad Mogador où nous déposons nos bagages et remplissons les formalités d'entrée sur le territoire.

Le groupe de 9 futurs trekkeurs commence à faire connaissance en resto rapide à 23h30; le climat est lourd, à cette heure-ci, en pleine nuit, la température affiche 31°C.

La véritable aventure commencera crescendo dès le lendemain!

 

Lundi 2 août 2010

Après une dernière nuit dans un vrai lit et une véritable douche avant longtemps, à 8h nous prenons un dernier petit déj' à table à l'hôtel.

A 9h30, tous sont prêts pour le départ. Nous montons à bord de 2 vans pour un transfert à 60km au Sud de Marrakech, à 1h30 de route, du côté de Torort à 1200m d'altitude. Nous faisons connaissance avec notre cuisinier Abdoul.

Sur la route, une longue ligne droite, nous effectuons une petite halte pour charger les bouteilles de gaz.

A notre arrivée, nous installons le bivouac pour 2 nuits (1 tente collective, 1 tente cuisine, 1 tente pour 2 pour dormir) sur une terre couleur rouge. 

Notre guide, Mohammed, présente le fonctionnement

du trek.

Vers 13h, nous apprécions notre premier thé à la menthe du séjour, l'apéro local, et embrayons sur la salade composée.

Une fois la peau du ventre bien tendue, l'heure de la sieste s'impose et nous partons à la recherche de la rivière où nous pourrons nous ravitailler en eau (avec Micropur) et nous "doucher".

A 16h, nous partons nous promener aux alentours 2h20 durant (déniv +300/-300), découvrons la typologie du pays, à savoir des montagnes plus ou moins sèches mais des vallées vertes bordées de villages. Ici les maisons sont rouges vu que la terre l'est également.

Au retour, nous nous lavons pour la première fois en pleine nature et buvons le thé en attendant le dîner. Celui-ci arrive vers 20h15 et se compose d'une soupe (légumes, pâtes, lentilles), d'une tagine de boeuf et légumes et fruits.

Nous apprenons le vocable de survie local: bonjour = salam, bon appétit = bissaha, merci = choukran, bonne nuit = leïlasaïda.

 

Mardi 3 août 2010

Réveil à 7h après une première nuit sous tente quelque peu perturbée par le son des chiens, vaches, du coq aux aurores, de l'appel à la prière, mais ce sont bien les mules qui décrochent la palme! Comme dirait un trekkeur, elles doivent se chercher entre leur nature de cheval et d'âne.

Premier petit déj' au sol... héhé, it's my B-day today... merci les amis pour les présents.

Le matin, nous poursuivons la mise en jambes par une balade d'1h45 à travers des décors de ciné

qui nous mènent au lac artificiel d'Ouirgane.

Là nous goûtons: figues séchées, dattes, biscuits à l'anis, pralines.

Le reste de la matinée nous nous baignons en lac non sans précautions préalables de notre guide pas rassuré du tout. Il s'assure à plusieurs reprises (il était même déjà parti et est revenu!) que nous savons bien nager; effectivement, la semaine précédente, des berbères s'y sont noyés. Il nous laisse et retourne préparer le repas au restaurant. Ses craintes sont confirmées, les noyades sont très fréquentes en plan d'eau ici, puisqu'un berbère nous voyant sortir de l'eau nous demande si nous sommes tous bien sortis... une nouvelle noyade a eu lieu quelques centaines de mètres plus loin.

A l'heure du repas nous dégustons une tagine aux oeufs.

Ensuite le rythme est pris, à la sieste! Une bonne heure de marche (1h10) nous ramène au bivouac où nous nous lavons en rivière comme la veille. Le soir, couscous à "table" et activité d'apprentissage de montage de cheich.

Mercredi, les choses sérieuses commencent, finie la mise en jambes, place au trek!

 

 

Mercredi 4 août 2010

Ca y est, le trek débute réellement. Réveil à 6h30, pliage du camp, p'tit déj' et chargement du matériel sur les mules.

Nous partons à 8h50 et marchons 2h42 (c'est précis^^) pour nous poser à l'ombre à 1820m d'altitude.

Nous recherchons une source (cachée) un peu plus en hauteur pour remplir nos gourdes et poches à eau.

Théoriquement, les mules devraient arriver avant nous à la pause de midi et pour le bivouac du soir et la prép' des repas sauf que... nous marchons trop vite, ou plutôt les mules trop doucement. Nous attendons donc l'équipe de muletiers pour déjeuner plus de 2h après notre arrivée. Ensuite une sieste s'impose pour éviter de marcher aux heures les plus chaudes; personnellement, moi qui de coutume ne supporte pas la chaleur, je n'en souffre pas, il y a toujours de l'air.

L'après-midi, nous marchons 2h05 vers un paysage qui devient de plus en plus désertique.

Nous montons le campement à proximité d'Assif Izagzaoun à 1800m d'altitude, effectuons notre toilette dans une baignoire naturelle, enchaînons avec le thé.

Le temps n'a plus d'heure. Mohammed nous livre un des proverbes berbères qui traduit le rythme de vie local: "Il vaut mieux manger la paille avec du repos, que de l'orge avec du travail".

Dîner vers 21h15 après lequel le sage des muletiers nous offre ses chants.

 

 

Jeudi 5 août 2010

Le programme initial annonçait "un chemin facile nous conduit à un col à 2200m, ...", notre guide décide d'ajouter du piment au trek en remplaçant le "chemin facile" par sa version alpine avec un magnifique parcours dans des gorges... en action, l'appareil photo numérique réflex reste alors bien au sec dans le sac à dos, car quelques passages à escalader.

Nous atteignons ensuite un col à 2300m d'altitude.

Après 4h50 de marche, nous arrivons au village de Tizgui. Comme souvent les enfants nous accueillent avec des "bonjour, ça va? bonjour, stylo! bonjour, bonbon! bonjour, dirham! bonjour, photo!"... je crois avoir fait le tour là ;-)

Nous partons pour 1h30 de marche et nous arrêtons au milieu de nulle part, dans un cadre somptueux, genre de petit plateau en altitude, loin de tout village, bordé de 2 torrents formant des baignoires naturelles.

Ce soir après la mise en place du campement, c'est jacuzzi!

A l'heure du thé, on en prend plein les mirettes avec le coucher du soleil.

Un muletier supplémentaire, Miloud, nous rejoint avec son banjo tout neuf et met le feu avec le reste de l'équipe berbère. Les chants et les danses se prolongent jusqu'à 23h. Il est temps de vaquer vers les tentes, car réveil à 6h15 le lendemain. Une nuit mouvementée nous attend, le vent souffle fort, les tentes plient... de belles frayeurs!

Une de mes journées préférées!!!

 

 


 

Vidéo du jour 1 au jour 5

 

Vendredi 6 août 2010

Au lever à 6h15, la luminosité dessine les montagnes... un régal pour les yeux.

Mises à part les bourrasques de vent, la nuit a été tranquille et nous relevons l'absence de l'appel à la prière matinal (4h30) dans ce lieu isolé de la présence humaine.

Comme d'habitude nous plions le camp et petit déjeunons pour partir marcher à 8h15.

Nous passons le col de Tizi Iguidi à 2100m d'altitude...

et poursuivons jusqu'à une crête à 2400m d'altitude... d'où nous observons la vallée du N'Fiss.

Après 3h50 de marche nous nous arrêtons pour déjeuner. Certains en profitent pour se baigner dans une retenue d'eau.

L'après-midi, il reste 1h45 à pied pour atteindre le village d'Aguerda à 1800m d'altitude. Encore plus que les autres villages traversés, nous déplorons la salubrité des rues en terre et des abords du village... le sol et les cours d'eau sont jonchés de déchets de consommation (boîtes de conserve, papier emballage, bouts de tissu, ...) dans lesquels nous marchons littéralement.

Nous nous arrêtons boire le thé chez l'habitant, thé... bien sucré accompagné d'amandes récoltées sur place.

Et repartons vers un terrain pour installer le bivouac. Pour ma part, la fatigue commence sérieusement à se faire sentir. Je suis tentée de me reposer et de zapper la toilette, mais je suis quand même une partie du groupe menée par un muletier qui nous dégote un endroit "propre" pour nous "doucher". L'accès n'est pas aisé, nous descendons de petites gorges pendant un bon quart d'heure et avec la fatigue et chaussée de mes runnings usées, et non plus de mes chaussures de rando, je glisse sur un gros rocher et chute lourdement sur le bas du dos... m***! Ras-le-bol, ça ne m'amuse vraiment plus. Nous arrivons tout de même dans de belles vasques aquatiques où nous nous lavons entourés de plus en plus d'enfants qui s'installent sur les gradins naturels pour observer le spectacle. Sympathique...

Allez dîner et dodo!

 

 

Samedi 7 août 2010

Réveil toujours matinal - 6h15 - la marche de la matinée se déroule principalement en fond de vallées, dans des gorges.

La météo se couvre peu à peu et nous devinons des averses orageuses qui nous encerclent mais nous épargnent. Les mules peinent toujours - ah oui, mon dos aussi, comme un nerf de coincé, un médoc fera effet, merci Fréd' - , un muletier vient à notre hauteur et nous indique qu'elles sont encore loin. Deux options s'offrent à nous: soit nous nous arrêtons et les attendons, soit nous poursuivons plus loin puisque la forme est là puis nous nous posons. Nous optons pour la seconde solution, ça sera toujours ça de gagné... enfin, c'est ce que nous pensons! Effectivement, après 45 minutes de marche supplémentaires, le guide nous fera revenir sur nos pas (30 min) car la météo devient trop menaçante et ce n'est pas prudent de rester dans les gorges. Bref, 1h15 de marche juste pour marcher au lieu d'attendre à ne rien faire, la matinée totalisera 4h25 pour les pieds.

A notre retour, les mules sont là, nous déjeunons et ne tardons pas à reprendre la "route" vue la météo défavorable. Nous empruntons une trace assez raide pour sortir au plus vite des gorges et dès notre arrivée à un col à 2650m d'altitude, un orage éclate.

La pluie nous accompagne pendant la descente - cool, nos capes de pluie auront été utiles - et après 3h10 de marche, notre guide nous propose de loger dans une "maison" pour la nuit au lieu de camper sous les averses à côté d'un cours d'eau qui menace de sortir de sa crue. Un doute me prend, ça va en faire sourire certains mais c'est véridique^^, les maisons construites en terre résistent-elles aux fortes pluies?

Après les douches pour certains dans une maison annexe (je préfère de loin la nature) et un couscous longuement préparé, nous dormirons sur une sorte de terrasse au sec avec nos amies les chauves-souris. Au petit matin, ces dernières rentreront au bercail en nous effleurant parfois.

 

 

Dimanche 8 août 2010

Ce matin, c'est fiesta au p'tit déj', nous goûtons du pain frais... il était temps, le précédent moisissait.

La suite du trek se déroule en vallée sans difficulté 2h50 durant pour la matinée et tant mieux car l'organisme fatigue.

Nous nous arrêtons à une terrasse et je bois ce que je ne bois jamais en France: du coca... histoire d'apporter une bonne dose de sucre. Pendant le séjour j'aurai bu plus de coca que sur la totalité de ma vie passée, soit 2 semaines contre 29 ans! En effet, je n'en consomme qu'en cas de gastro.

Ensuite, nous augmentons encore un peu notre glycémie avec le thé berbère et déjeunons.

L'après-midi nous poursuivons avec 2h de marche.

Au dîner nous dégustons un excellent poulet au citron. C'est autour du repas que notre guide nous annonce comme un cheveu sur la soupe un changement d'heure qui serait lié au ramadan qui approche. Nous avons désormais 2h de décalage avec la France.

 

 

Lundi 9 août 2010

Le changement d'heure permet une pirouette, nous nous levons à 5h30 (anciennement 6h30).

Le matin, par une météo mi-figue mi-raisin, nous marchons 3h essentiellement sur pistes. Nous nous arrêtons fréquemment pour acheter de la nourriture (super, je parviens à avoir du réseau tél: happy B'day sister!), dont le fameux chevreau tout frais que nous dégusterons en soirée.

A midi la pluie s'invite et nous mangeons au sec dans une maison typiquement marocaine.

L'après midi, 2h15 de marche avant d'arriver au lac d'Ifni.

Ce lac situé en hauteur (2300m d'alt) est très fréquenté par les locaux, genre Lac de Gérardmer ou d'Annecy. Nous effectuons la montée sous la pluie battante, pendant que les berbères venus nombreux en famille dévalent la pente en sens inverse pour rentrer au village. Nous atteignons le lac, la pluie se calme et heureusement, car il faut maintenant longer le lac pour atteindre le plateau en face, sauf qu'il n'y a pas de sentier et encore moins de chemin; nous nous le frayons à travers roches. Dans les dernières centaines de mètres, je commence à caler et à cailler, pourvu qu'on arrive!

En arrivant nous nous installons dans un abri, revêtons vêtements chauds, tentons de prendre notre revanche à la belote et dînons du chevreau... coupable des maux à venir??? Quelques courageux montent leur tente et se baignent dans les eaux fraiches du lac. Quatre d'entre-nous trouvons l'abri bien accueillant et y passerons la nuit.

 

 

Mardi 10 août 2010

Révéil à 5h15 - quelles vacances!!! - sous un ciel qui s'est dégagé.

Une belle journée nous attend. Aujourd'hui, nous relions le lac d'Ifni à 2300m d'altitude au refuge Neltner à 3200m d'altitude, en passant au col Tizi Ouanoums à 3600m d'altitude, soit un dénivelé positif de 1300m, et négatif de 400m.

Nous partons à 7h, la marche se fera d'une seule traite, nous mangerons dans l'après-midi.

Lorsque nous commençons à bien monter, je dois faire face à des difficultés respiratoires de type asthmatiforme... j'arrive à expirer, mais impossible d'inspirer, l'air n'entre pas, jusqu'à ce que je trouve une technique adéquate: j'inspire par le nez et expire par la bouche. Vive l'esprit de groupe, je confie l'appareil photo numérique à Arnaud qui s'éclate apparemment - mon "collier" de 700-800 g devient handicapant dans ces conditions et en montées il ballote - et mon sac à Fab'... merci les gars!

Après 6h25 de marche nous parvenons au refuge Neltner à 3200m d'altitude où nous resterons les 2 nuits à venir. Là, nous trouverons plein de touristes du monde entier... on n'en avait pas vu un seul lors de la première semaine!!! Nous nous trouvions vraiment en dehors des sentiers battus.

Nous déjeunons, enfin ce que nous pouvons, car ça commence à ne plus passer (le chevreau?) et nous reposons le reste de l'aprèm'. Je suis bien crevée après ce bel effort et suis quasi certaine de ne pas prendre le départ pour l'ascension du Toubkal le lendemain matin - même si nous avons fait le plus dur aujourd'hui-, car le sur-lendemain nous attendent 2 passages de col vers 3500m d'altitude, alors autant ne pas cumuler de fatigue. Le soir, je zappe la soupe, et me contente de manger du solide, je me force, le reste m'écoeure.

La nuit ne sera pas réparatrice car ma co-trekkeuse de tente est malade tel un métronome... toutes les 25 min... j'ai mal pour elle. Le ventre commence aussi à me créer des soucis mais j'arriverai à dormir entre 3 et 5h du mat'... toute façon, je me dis que j'aurai bien le temps de récupérer toute la journée pendant que le reste du groupe montera au Toubkal... la suite dans le prochain article! Suspense ;-)

 

 

Mercredi 11 août 2010

Le réveil sonne à 5h30... je reste bien au chaud dans le sac de couchage... j'ai la journée devant moi... 20 minutes plus tard, je me lève tout de même pour rejoindre le groupe au p'tit déj', j'ai dans l'idée de confier mon appareil photo à mes co-trekkeurs pour qu'ils puissent prendre de beaux clichés dans l'ascension et au sommet du Toubkal pendant que je me reposerai ici à 3200m d'altitude.

Tout le monde petit déjeune mais tous n'ont pas l'air au top de leur forme... je n'avale vraiment pas grand chose.

Puis je ne sais pas ce qu'il se passe au moment du départ à 7h; je prends mon sac à dos tel quel, pas rangé de la veille, et mes bâtons, je tente l'ascension. Le guide a prévu un muletier pour nous accompagner et redescendre avec les éventuels trekkeurs qui n'y parviendraient pas.

Toute la troupe part d'abord sur un chemin plutôt facile avec quelques ruisseaux à traverser. Très rapidement, Hélène, malade, lâche l'affaire et redescendra au refuge... quelle détermination, peu aurait pris le départ dans son état; pas de regret, elle a tenté et n'y peut rien. Elle sera une des personnes (je pense à d'autres, soit qui ne peuvent pas marcher, soit tout au contraire qui réalisent de sacrés défis sportifs bien plus corsés) auxquelles je penserai pendant l'ascension.

Nous passons ensuite de gros rochers, il faut lâcher les bâtons et s'aider de ses mains, puis une trace à travers cet immense pierrier qu'est le Massif du Toubkal. Je monte tranquillement à mon rythme, beaucoup mieux que la veille, car maintenant je sais gérer ma respiration. Dans cette ascension, je serai en très bonne compagnie, mes 3 gardes du corps, à savoir Arnaud, Fab' et Matthieu, sans compter le jeune muletier d'une grande patience, ne me lâcheront pas. D'ailleurs, nous n'avançons pas si lentement que ça puisque nous rattrapons et passons des groupes de marcheurs partis plus tôt; en fait, nous sommes réguliers dans l'effort.

A mi parcours, vers 3700m d'altitude (partis de 3200m nous avons 967m de dénivelé positif pour atteindre 4167m), je n'ai pas de doute, nous monterons au Toubkal, j'en suis certaine.

L'ascension se poursuit jusqu'à un col à 3900m d'altitude.

De là, nous ne voyons toujours pas le sommet du Toubkal.

Nous reprenons et grimpons une succession de virages pour atteindre une crête et là, à quelques centaines de mètres à peine, nous l'apercevons ce sommet!

Et l'atteignons très rapidement.

L'occasion de prendre de belles photos du paysage, du groupe et... de trinquer ;-) Arnaud s'est équipé de son Génépi.

Nous apprécions la vue pendant une bonne 1/2h d'autant que nous sommes chanceux: la vue est dégagée, pas un souffle de vent, soleil éclatant, grand ciel bleu.

Enfin, il faut bien redescendre les 1000m de dénivelé.

Quasiment la moitié est avalée en 40min... ouf, nous rejoindrons vite le refuge... sauf que... je commence à me sentir vraiment mal, mon ventre gargouille bizarrement et j'ai la nausée... c'est le début d'un long calvaire. Je pense que nous ralongerons ce retour d'1h.

Arrivés au refuge, le déjeuner est servi à 14h; je me force à avaler 3 bouchées de riz, en un temps de lenteur record, mais à chacune je ressens immédiatement des douleurs intestinales; donc stop, à jeun et aprèm' repos, couchée. Le soir, je n'avalerai rien non plus et c'est parti pour la tourista toute la nuit, je ne me suis jamais vidée de la sorte de ma vie. Pfff, 2 nuits consécutives à ne pas dormir, comment ferai-je le lendemain pour marcher?

 

 

Jeudi 12 août 2010

C'est le début du Ramadan pour le peuple marocain...

et après cette magnifique nuit de "vidage", je tends à respecter cette tradition ;-)

Heureusement, l'ascension du Toubkal est derrière et la fin du séjour approche.

Au programme de la journée était prévue l'ascension de 2 nouveaux cols vers 3600m d'altitude et de mémoire au moins 1300m de dénivelé négatif.

Je suis sans énergie. Du coup, le guide modifie le parcours.

D'un côté il prévoit une marche intensive à rythme soutenu non-stop de 6h avec 2 cols à franchir, d'un autre un plan bis de 3h sur la voie classique qui descend du refuge Neltner au village Imlil, chemin qu'empruntent les mules et muletiers.

Je serai la seule à opter pour cette solution et sans regret, car 20 minutes après mon départ, il faut déjà que je m'arrête... à défaut de faire la touriste, mon amie la tourista m'accompagne. Puis c'est reparti, notre rythme n'est pas si lent que ça, nous ne faisons que doubler des groupes de marcheurs et c'est tant mieux, plus vite nous arriverons, plus vite je me poserai. Nous mettons 2h45 à atteindre le lieu du bivouac.

Là, je me repose en attendant mes co-trekkeurs. Ils arrivent quelques heures plus tard en me confirmant que le rythme n'a jamais été aussi soutenu, à peine 3 pauses de 2 minutes et que c'en était presque dommage car le paysage aurait mérité qu'on s'y attarde plus, si j'ai bien compris (?).

Nous déjeunons puis partons à la recherche de douches. Comme nous avons atteint un coin du massif bien plus touristique, nous n'avons pas de mal à en trouver à l'entrée du village, des vraies de vraies, propres et chaudes pour 10 ou 20 dirhams (je ne me souviens plus). Ici, les marchands berbères te proposent une visite gratuite de leur boutique, mdr! Nous souhaitons acheter des boissons - always coca cola^^ - , les berbères nous proposent de nous installer en terrasse et nous mènent en haut de leur maison où la vue est magnifique. C'est agréable de se poser propre dans un endroit propre!

Retour au camp - à part la rupture du jeûn du Ramadan - RAS.

 

 

Vendredi 13 août 2010

Ni jour de chance, ni jour de malchance.

Je suis contente que la fin approche.

Le matin, nous avançons 4h durant ; sur la première partie, j’ai mal partout, pas d’énergie, mais avance tranquillement à mon rythme. Puis nous déjeunons et poursuivons sur chemin facile – pistes – avec 1h45 de marche. Nous nous sommes avancés d’1h sur le parcours du lendemain de sorte que nous n’aurons plus qu’1h à marcher pour rallier le point de RDV avec la navette nous ramenant à Marrakech.

La dernière heure de marche de la journée, je pars me promener à une bonne allure seule vers l’avant. J’apprécie ces derniers instants en montagne en solo… tout le monde ne le comprend peut-être pas.

 

 

Samedi 14 août 2010

Dernier petit déj’ au sol, dernier remballage du campement, 1h de marche pour rejoindre notre navette, 1h30 de route et nous arrivons à Marrakech en fin de matinée.

Une bonne douche à l’hôtel et nous partons en tout début d’aprèm’direction le Jardin Majorelle. Nous nous installons au café Majorelle pour y manger de bons plats que nous peinons à terminer… l’estomac n’est plus habitué à ingurgiter des portions normales (je me suis bien rattrapée depuis^^ !)… pas envie de gâcher non plus…

Le Jardin Majorelle est vite visité, il est beau mais pas bien grand.

Nous sommes un petit groupe à partir découvrir le souk de Marrakech dans la Medina. Que de dédalles de ruelles étroites, de marchands et des mobylettes qui tracent ! Faut pas être claustro. Mon repas de « midi » me pèse, je ne suis pas au top et ne peux pas pleinement en profiter. Nous atteignons la fameuse Place Jenaa el Fna et admirons la vue d’une terrasse panoramique.

Nous sommes de retour vers 19h à l’hôtel, je suis claquée. Je me repose avant le RDV prévu pour un beau resto marocain. Il y a quelques jours, je m’en serais réjouis, là, ne me parlez pas de nourriture et encore moins de la marocaine… j’annule ma présence, pas envie de jouer au boulet la soirée… j’ai écouté mon corps.

 

 


 

Vidéo du jour 6 à la fin

 

Dimanche 15 août 2010

Alors que nous avons encore du temps pour découvrir Marrakech – le départ de l’hôtel est fixé à 15h30 – après 13 jours non-stop de marche, je n’ai qu’une envie… farniente !

Un bon p’tit déj’, la valise bouclée, un tour à la boulangerie d’à côté pour y acheter des pâtisseries marocaines, zouh à la piscine de l’hôtel.

A 15h30, départ de la navette vers l’aéroport. Là encore Transavia décollera avec du retard, et nous atterrirons en soirée 1 minute avant la fermeture d’Orly (les vols sont déviés sur Roissy 1 minute plus tard !). Les bagages récupérés, la navette de notre parking nous attend devant les portes de l’aéroport, nous récupérons la voiture et traçons à l’hôtel. Retour le 16 août sur Strasbourg.

Voili, voiloù !

Vivement les prochaines vacances ;-) !!!